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La littérature et le mal

 
 
 
 
Echange 'La littérature et le mal' par 'Georges Bataille' - livres d'occasion sur PocheTroc.fr

Auteur : 
Livre d'occasion format poche : 200 pages (59 g)
Editeur : 

Editions Flammarion

Edition : 
22 novembre 1990
Langue : 
Français
Catégorie : 

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La littérature et le mal, Georges Bataille
 
"La littérature est l'essentiel, ou n'est rien. Le Mal - une forme aiguë du Mal - dont elle est l'expression, a pour nous, je le crois, la valeur souveraine. Mais cette conception ne commande pas l'absence de morale, elle exige une 'hypermorale'.

La littérature est communication. La communication commande la loyauté : la morale rigoureuse est donnée dans cette vue à partir de complicités dans la connaissance du Mal, qui fondent la communication intense.

La littérature n'est pas innocente, et, coupable, elle devait à la fin s'avouer telle. L'action seule a les droits. La littérature, je l'ai, lentement, voulu montrer, c'est l'enfance enfin retrouvée. Mais l'enfance qui gouvernerait aurait-elle une vérité ?"

___________

J'avais déjà évoqué brièvement cet ouvrage de Bataille, je souhaiterais à présent en proposer un commentaire plus détaillé.

Certains auteurs sont parfois difficiles à cerner, leurs œuvres situées aux confins de plusieurs disciplines. C'est le cas de Georges Bataille (1897-1962) dont l'œuvre, protéiforme, emprunte tant aux champs de l'anthropologie que de la sociologie, mais surtout de la littérature et de la philosophie. Considéré comme un imposteur par bon nombre de philosophes, il demeure que plusieurs de ses écrits, notamment L'expérience intérieure et L'érotisme sont empreints d'une pensée philosophique propre, nourrie tant par des auteurs (Sade, Kafka, Lautréamont…) que des philosophes (Nietzsche, Bergson, Chestov…) et même par la psychanalyse de Freud. Auteur de la transgression et des extrêmes, Bataille remet ainsi en question à sa façon le primat de la rationalité du sujet conscient, en mettant de l'avant un discours fondé sur l'infraction à l'ordre sociétaire établi.

Publié quelques années avant le décès de l'écrivain, La littérature et le mal (1958), essai important de Bataille, reprend ces considérations au centre de la pensée de l'auteur, en les développant autour de l'analyse de romans célèbres, notamment ceux de Brontë, Baudelaire, Michelet, Blake, Sade, Proust, Kafka et Genet. Tous ces écrivains, selon Bataille, ont composé leurs récits enivrés par le vertige du Mal, qu'il considère comme inhérent à la véritable littérature. Par le biais de la révolte et de la négation des lois morales, ces auteurs expriment l'irrésistible attrait de la littérature pour l'interdit, son désir d'outrepasser les limites communément admises. Toutefois, bien que le discours littéraire soit « communication », il demeure inutile pour Bataille, héritier du sacrifice religieux, d'une impulsion négative, qui révèle l'intimité de l'être avec la mort, thème fondamental chez l'écrivain et philosophe. À l'instar de Sade dans les 120 jours de Sodome, Bataille affirme donc que le rapport de l'homme au monde se fonde sur une négation de l'intimité, de même qu'une proximité entre l'érotisme et la mort.

La littérature et le mal propose une synthèse assez réussie des principales réflexions de Bataille, telles que développées dans ses essais antérieurs. Bien que l'ensemble apparaisse par instants quelque peu déstructuré, la pensée demeure en fin de compte cohérente, articulée autour de thèmes récurrents, comme l'érotisme, la mort et la révolte, sans oublier le Bien et le Mal dans la littérature. Ces thèmes, même si traités le plus souvent de façon peu personnelle à Bataille, inspirés par de nombreux précurseurs, s'inscrivent néanmoins dans les considérations littéraires et philosophiques de l'époque, proposant une approche non-conventionnelle et antirationnelle de la communication, fondée sur la transgression. Car c'est sans doute ici que s'inscrit la plus grande originalité de Bataille, dans sa théorisation de la littérature en tant qu'expression de la perversion, à la manière de Sade et de Lautréamont, auteurs qu'il appréciait tout particulièrement.
À l'instar de la tragédie, la littérature a donc pour rôle, selon Bataille, d'ébranler le lecteur, d'illustrer l'évidente prédisposition de l'homme pour le Mal. La littérature permet en fin de compte de déplacer cet interdit, de le sublimer, pour reprendre les termes de Freud, en octroyant à sa propre cruauté des voies imaginaires. En effet, n'est-il pas juste que seul l'effroi de la mort et la manifestation de ses effets (par exemple dans la maladie ou encore dans le deuil) permet de réactualiser notre passion pour la vie ? Sans la mort et notre capacité au Mal, de même que nos désirs inavoués de s'y adonner, que serait l'existence sinon simple indifférence ? La perversion et la passion sont rarement bien loin l'une de l'autre, tout comme la mort peut souvent se faire l'expression fulgurante de la vie… Après tout, l'Histoire ne nous a-t-elle pas enseigné qu'il ne peut rarement y avoir de vie sans violence ?

Publié par Ariane Gelinas
 
 
 
 
 
 
 
 
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