Livre d'occasion format poche : 441 pages (225 g)
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Le moine, Matthew G. (Matthew Gregory) Lewis
On le nomme "Monk" Lewis, tant cet écrivain a été marqué par sa créature scandaleuse. Le livre fut d'abord interdit par la censure et Lewis obligé d'en réviser l'édition. Il n'a que vingt ans lorsqu'il écrit Le Moine et confronte le lecteur avec l'Invisible d'une manière directe et brutale. Le Surnaturel y fait sauvagement irruption et s'impose ; d'où la réticence d'un Coleridge, déconseillant aux parents de mettre un tel livre dans les mains de leurs enfants.
Il connaissait bien la littérature allemande et traduisit plusieurs grands auteurs, tel Schiller. Il adaptera avec succès un roman de Zschokke, Le Bandit de Venise.
Il hérita d'une fortune importante à la mort de son père et, avec effroi, en découvrit les sources, dans les Indes Occidentales. Il mourut de fièvre jaune à son retour d'un second voyage, laissant un passionnant Journal qui dénonce le scandale des pratiques coloniales dont nul alors ne se souciait. Comme la plupart des auteurs "gothiques", Monk Lewis ne fut jamais en odeur de sainteté auprès des critiques et il fallut attendre des auteurs comme Artaud ou Breton pour que certains considèrent enfin Le Moine avec sérieux.
"Le souffle du merveilleux l'anime tout entier (...). J'entends que ce livre n'exalte du commencement à la fin, et le plus purement du monde, que ce qui de l'esprit arrive à quitter le sol et que, dépouillé d'une partie insignifiante de son affabulation romanesque, à la mode du temps, il constitue un modèle de justesse et d'innocente grandeur".
Commentaire de A.A.B. (Pochetroqueuse - Chevilly-larue) - 13 novembre 2011
Note: 5 sur 5
indispensable
Il y a très très longtemps que j'ai lu ce livre, et il est prévu qu'il fasse encore mes délices lorsque j'arriverai à mettre un frein à toutes mes activités... et avant que je sois morte! Je l'ai prété des dizaines de fois, et racheté presque autant, rien que pour le plaisir de partager. Je ne connais personne qui ne l'ait apprécié. Tout y est de la littérature gothique : souterrains sombres, moines défroqués, vierges pures, sacrifices, autels sanglants, etc. C'est un véritable emportement dans un monde merveilleusement glauque dont il ne me reste que la sensation d'un embrasement du plaisir de lire une histoire fantastique et hors du temps.
Et puis, la traduction est d'Antonin Artaud...